Un incendie détruit un camp de caravanes à Marignane

Il aura fallu 4 heures pour circonscrire le feu qui a blessé trois pompiers  

Il était à peu près 17 heures hier lorsqu'un épais panache de fumée noirâtre est apparu aux abords du rond-point du Bricard, une zone limitrophe entre la commune de Marignane et de Gignac-la-Nerthe.

 

Si dans un premier temps, le feu a paru débuter de la pinède coincée entre deux sociétés, attisé par les fortes rafales de vent soufflant dans le secteur tout le week-end, d'après les premiers éléments recueillis auprès des services de police et de la mairie présents sur place, c'est au contraire au sein du campement de caravanes de la communauté Rom qui vit sur place que le départ de feu aurait été constaté. "Apparemment, cela provient d'une voiture brûlée au sein même du camp", précisait hier en fin d'après-midi Éric Le Dissès, le maire de Marignane, présent sur place pendant toute l'intervention des pompiers du Sdis 13. L'incendie s'est ensuite propagé aux habitats précaires, détritus et autres végétations basses.

Des conditions de vent compliquées

Avec un vent tournant sans cesse, le changement de direction a rendu en effet l'intervention des soldats du feu très compliquée. Si l'incendie a débuté sur la commune de Marignane en ravageant en grande partie le camp de Roms, il s'est en effet propagé sur la commune de Gignac-la-Nerthe en sautant le rond-point. Plusieurs centaines de sapeurs-pompiers de toute la zone de l'Étang de Berre ont été nécessaires pour maintenir le feu, 35 engins ont aussi été nécessaires pour éviter la propagation des flammes. Les hommes du Sdis 13 ont aussi pu être aidés par un hélicoptère qui a survolé la zone pendant de longues heures. L'activité aéroportuaire n'a cependant pas été impactée.

4 heures de combat et 3 pompiers blessés

Au final, ce n'est qu'à partir de 20 h 30 officiellement que l'incendie a pu être contrôlé puis maîtrisé. Et il aura donc fallu au total plus de quatre heures aux soldats du feu pour venir à bout du sinistre.

Si aucune victime de la communauté n'est à déplorer, au cours de cette intervention, deux intervenants du Sdis ont été blessés après que leur engin de secours a été endommagé par l'incendie.

Un autre sapeur-pompier a été "blasté" suite à l'explosion d'une bouteille de gaz. Blessé que légèrement, il a été évacué sur le centre hospitalier de l'hôpital Nord pour subir plusieurs examens complémentaires.

Pas moins d'une centaine de personnes vivaient sur le camp. Hommes, femmes et enfants ont été évacués de la zone. La mairie a directement engagé une procédure de relogement auprès des services de l'État.

En effet, le terrain sur lequel vivait la communauté appartient au Département. Une procédure d'expulsion avait été engagée en 2013 par l'institution devant le Tribunal de Grande Instance d'Aix-en-Provence pour occupation illicite de site. Les avocats du Département relevaient qu'un constat d'huissier daté du 19 juillet notait que "les lieux étaient souillés par de nombreux déchets, ce qui constitue une gêne pour le voisinage et des risques environnementaux, et qu'enfin, les occupants eux-mêmes sont confrontés à des conditions de vie non décentes".

Forts de ces arguments, une expulsion sans délai du campement avait été demandée. Les membres de la communauté ne contestaient pas occuper les lieux sans droit ni titre, mais ils n'avaient alors aucune solution d'hébergement.

Un combat judiciaire qui pourrait reprendre

À l'époque, le Conseil général avait tenté d'expliquer sa requête pour "trouble au droit de propriété et surtout risque d'incendie par un camp composé de 60 adultes et 40 enfants."

Le TGI avait alors statué en faveur de la communauté car le terrain avait été acquis par le Département dans le cadre d'un projet de rocade aujourd'hui abandonné. La préoccupation concernant le terrain inoccupé était plus liée aux risques d'incendie et au fait qu'il avait été préconisé un débroussaillage et non l'évacuation des occupants.

Si ces familles ont effectivement installé leurs véhicules sur un terrain appartenant au Département, ils ont aussi mis en place un groupe électrogène et bénéficient d'un suivi médical par l'organisme "Médecins du monde".

Certains enfants sont en rupture de scolarisation, et c'est dans cette situation de précarité que la justice avait donc statué en faveur des membres de la communauté en stipulant que "le trouble et les dangers susceptibles de résulter d'une évacuation en urgence et sans solution de relogement d'une centaine de personnes seraient également très élevés, tant pour les personnes déplacées que pour l'environnement dans lequel elles seraient contraintes de se réfugier".

Si dans cette histoire, aucune victime n'est à déplorer suite à l'incendie, preuve est de constater qu'un autre drame pourrait se jouer concernant le relogement des personnes évacuées...

Matthieu BIGOUROUX avec M.S. et C.M.

Matthieu BIGOUROUX avec M.S. et C.M. la Provence - lundi 13 mai 2019
Matthieu BIGOUROUX avec M.S. et C.M. la Provence - lundi 13 mai 2019
Matthieu BIGOUROUX avec M.S. et C.M. la Provence - lundi 13 mai 2019

 

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