Mireille Fouque, une santonnière par passion

Elle a animé une conférence sur les traditions provençales et expose actuellement une crèche grandiose dans les salons de l'hôtel de ville  

La conférence donnée par Mireille Fouque sur le thème des traditions provençales de Noël et des santons a rempli la salle basse de la mairie de Marignane.

La crèche installée dans les salons de l'hôtel de ville, création des ateliers Fouque d'Aix-en-Provence, a rassemblé plus de 2000 visiteurs le week-end dernier, preuve que cette tradition provençale a toujours autant de succès et attire aussi bien les Marignanais que les touristes.

Au cours de sa conférence, Mireille Fouque a rappelé les traditions régionales qui commencent par la saison des calendes. Celle-ci, d'une durée de 60 jours, débute le 4 décembre, jour de la Sainte-Barbe, pour se terminer le 2 février, jour de la crèche blanche. "La crèche ne s'installe pas tout d'un coup : il y a plusieurs étapes", raconte Mireille. "À la Sainte-Barbe, on installe les décors et les petits moutons fabriqués par les bergers pendant l'estive. Chaque enfant avait son mouton que l'on plaçait en haut de la crèche. Si l'enfant était sage, le mouton descendait progressivement jusqu'à atteindre l'étable le 25 décembre. Mais s'il n'était pas sage, le mouton remontait. C'est pourquoi on les appelait les moutons vivants."

Le 4 décembre est aussi le jour où on plante le blé qui est ensuite disposé sur la table les 24, 25 et 26 décembre. "La crèche est poursuivie jusqu'à la veillée de Noël où l'on disposera le petit Jésus, Joseph et Marie dans l'étable". Les Rois Mages ne sont pas encore là : ils n'arriveront qu'à L'Épiphanie. "Les chants de Noël en Provence se terminaient toujours par la Coupo Santo qui signait la fin de la veillée".

Du sapin à Saint-Nicolas

Et d'où vient cette tradition du sapin de Noël ? "C'est Marie-Antoinette qui a apporté cette tradition car elle s'ennuyait des sapins des montagnes autrichiennes. Elle a donc fait venir un arbre d'Autriche qui a fait halte à Strasbourg avant d'atteindre Versailles. C'est l'origine du sapin géant installé chaque année à Strasbourg. Le sapin arrivé à Trianon, la reine l'a décoré de boules et de guirlandes. En Provence, où l'on n'a pas de sapin, on coupe la branche qui se trouve au plus près de la maison à cause des risques de feu et on décore cette branche avec des rubans jaunes et rouges, couleurs de la Provence."

Comme chacun sait, l'ancêtre du Père Noël était Saint-Nicolas. En tant qu'évêque, il était vêtu de mauve et blanc. La couleur rouge du Père Noël est due à la marque Coca-Cola qui exporta d'Amérique l'image d'un Saint-Nicolas à ses couleurs dans les années 20.

À partir du 25 décembre et jusqu'au 2 février ont lieu des pastorales, spectacles retraçant la Nativité. Enfin, à la Chandeleur, le 2 février, tous les santons sont mis dans les maisons de la crèche car il ne doit pas y avoir de sans-abri. On ajoute de la farine pour simuler la neige, c'est la crèche blanche qui symbolise la présentation de Jésus au Temple. À Marseille, on descend la Vierge Noire jusqu'au Vieux-Port et en remontant, on achète des navettes à la plus ancienne boulangerie de la ville.

À l'origine, les crèches étaient des représentations vivantes de la Nativité dans les monastères. Elles avaient pour fonction de financer les orphelinats grâce à l'argent récolté auprès des visiteurs. Le Concile de Trente en 1542 reconnaît officiellement l'existence des crèches.

La première trace écrite d'une crèche apparaît dans le testament de Marie Dumoustier qui lègue sa crèche fort réputée à son neveu en 1692. À la Révolution, l'esprit anticlérical fait disparaître les crèches dans les églises. Elles se transportent alors dans les maisons. Si l'on utilisait les grandes statues des saints dans les églises, la taille des maisons impose l'utilisation de plus petites représentations des saints, d'où le nom de santons (santouns en provençal), c'est-à-dire "petit saint". À la fin du XVIIIe siècle, devant le succès rencontré, des fabricants apparaissent, les santons sont à la mode. Les santonniers se réunissent à la foire de Marseille pour vendre leurs créations quelques jours par an. Glorian est le premier santonnier connu.

Mais le plus célèbre reste Jean-Louis Daniel qui, le premier, a eu l'idée de la fabrication en série à l'aide de moules, ce qui permet une plus grande production en moins de temps. Marseille, Aubagne, Aix-en-Provence sont demeurées fidèles à cet art qu'elles perpétuent.

À l'origine, chaque atelier a son modeleur qui crée de nouveaux personnages chaque année. Aujourd'hui, seules les grandes maisons traditionnelles produisent encore leurs propres modèles tel le célèbre "Coup de Mistral" de la Maison Fougue.

L.D.

L.D. la Provence - mardi 1er janvier 2019
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