Tunnel du Rove: la facture plus douce

Deux nouvelles études proposent des devis en nette diminution pour permettre la réouverture à la courantologie  

RAPPEL DES FAITS

Une étude chiffrait l’été dernier les travaux à 31 millions d’euros. Une somme jugée démesurée par la plupart des parties prenantes de ce dossier, dont les associations. Objectif : pomper de l’eau de mer côté Marseille, et la réintroduire dans le canal du Rove et dans l’étang du Bolmon, dont l’état ne répond pas à la directive fixée par la loi sur l’eau.

C’est un dossier interminable. "Mais j’ai le sentiment qu’on avance", indique cependant Jean-Marc Sénateur, sous-p réfet de l’arrondissement d’Istres. Ce dossier, c’est celui de la réouverture à la courantologie du tunnel du Rove. C’est-à-dire, pour faire simple, de réintroduire de l’eau de mer dans l’étang du Bolmon, au sud de l’étang de Berre, via une canalisation géante qui passerait dans le tunnel du Rove. L’eau serait pompée en mer, du côté marseillais du tunnel du Rove, et remonterait grâce à des pompes jusque dans le Bolmon.

Simple à écrire, difficile techniquement, les calculs de la puissance du débit nécessaire s’ajoutant aux coûts des travaux du génie civil, tel un problème de mathématiques cauchemardesque.

Dans cet ouvrage obstrué par un éboulement, qui reste une propriété de l’État, différents scénarios ont été élaborés, et étudiés par Egis, le maître d’œuvre. "La première étude, rendue cet été, était basée sur un débit de 20m3/secondes. Ce qui nécessitait l’installation de pompes de dimension importante, qui ne pouvait prendre place dans le tunnel". D’où des travaux de génie civil important, et un devis de 31 millions d’euros, jugé quasiment impossible à financer.

"Partant de ce constat, nous avons demandé à Egis de travailler à deux autres scénarios, avec des débits réduits : l’un de 4m3/seconde, l’autre de 10. En quelques semaines, les ingénieurs ont refait leurs calculs, et les devis sont maintenant plus raisonnables, avec respectivement 13 et 21 millions d’euros".

Reste maintenant à choisir l’un ou l’autre des scénarios. Un choix qui est aussi une affaire de spécialistes, d’où la saisie d’un conseil scientifique. Composé de représentants de l’agence de l’eau, du Gipreb et du conservatoire de littoral, il devrait opter "d’ici le printemps" pour une des deux solutions. "Ce choix fait, il conviendra ensuite de le notifier et de réunir les financements, avec un nouvel acteur possible, la Métropole".

Même s’il sait devoir faire face à une impatience née d’années d’études sans grand lendemain, le sous-préfet avoue avoir "assez bon espoir" d’aboutir d’ici quelques mois. C’est de toute façon impérieux, puisque la France est depuis 1997 sous la menace d’une amende de l’Europe pour ne pas respecter, dans l’étang du Bolmon, les normes de qualité de l’eau. Et même si le moratoire a été repoussé plusieurs fois, il se termine en 2021. Une année qui peut sonner comme une date butoir pour qu’enfin, ce dossier interminable trouve une conclusion.

Éric GOUBERT

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LE COMMENTAIRE Bernard Niccolini président de la coordination d’associations "Etang marin"

"J’ai le sentiment qu’on avance à reculons..."

Il suit le dossier depuis une bonne vingtaine d’années, si ce n’est davantage. Logique donc que les études successives fassent naî- tre chez lui une belle impatience.

  • Comment avez-vous accueilli ces nouvelles études, moins coûteuses ? Le sous-préfet dit qu’on progresse, moi j’ai le sentiment qu’on avance à reculons… Puisque les solutions qui nous sont proposées aujourd’hui, ce sont celles que nous demandions il y a dix ou quinze ans ! Dans ce dossier, je ne m’attaque pas aux hommes, mais au système qui fait qu’on attend depuis si longtemps.
  • Que pensez-vous des nouveaux devis ? Les nouvelles études sont beaucoup plus appropriées au besoin exprimé. Rappelons qu’au tout début, on parlait de 8,5 millions d’euros. Donc, l’étude rendue en juillet, qui aboutissait à 31 millions d’euros, était hors de propos, et a fait l’unanimité contre elle. En gros, on nous fournissait une Rolls alors que nous n’avions besoin que d’une Clio ! Les deux études rendues par Egis lors du comité du 9 novembre sont plus raisonnables, mais reste à déterminer le bon scénario. Puisque quitte à investir de l’argent, et je rappelle que c’est dans un but expérimental, autant ne pas jeter des millions d’euros dans l’étang ! Un débit de 4m3, on sait que ce sera insuffisant pour brasser eau de mer et eau douce. Mais c’est maintenant au comité scientifique de choisir. Quand ? Là-encore, on n’a pas de dates précises.
  • Vous aviez aussi émis le souhait que la maîtrise d’ouvrage ne soit plus confiée au Grand port maritime de Marseille, mais au Gipreb… Oui, et le sous-préfet m’a répondu par la négative. Il est vrai que le Gipreb n’a pas formalisé de demande en ce sens. Mais même s’il le faisait, l’État n’y accéderait pas. Doc, c’est le Port qui va continuer à porter le dossier, même si on sent bien, depuis des années, que c’est loin être une de ses priorités.
  • Au final, espérez-vous toujours qu’après ces travaux, la dérivation des eaux issue de la centrale EDF de Saint-Chamas soit un jour réalité ? Oui, parce que pour moi, c’est la seule solution. L’Étang, aujourd’hui, n’est en bonne santé qu’à quelques mètres du rivage. Au milieu, il n’y a plus de vie. La dérivation, c’est mon ADN, et je continuerai à militer pour qu’elle devienne réalité. Même si, là aussi, il faudra des années !

E.G.

Éric GOUBERT la Provence - samedi 19 novembre 2016

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